AUDACE
Couverture du numéro

Anne Sandrine Ekani Nama : transformer la solitude du dirigeant en force de décision

Il y a des entrepreneurs qui construisent des produits. Et il y a celles qui construisent des regards — une manière de voir ce que les autres ne voient pas, et d’en faire un projet.

Anne Sandrine Ekani Nama appartient à cette seconde catégorie. Téméraire, à l’écoute, profondément allergique à l’injustice, elle porte un ADN qu’elle revendique sans détour : l’entrepreneuriat. Pas comme une activité, mais comme une façon d’être au monde.

Après vingt-cinq ans dans les arcanes de la gestion d’entreprise et la fondation de trois sociétés, elle a fait d’une intuition une mission : accompagner les dirigeants là où ils sont le plus seuls.


Un parcours pensé comme une vue d’ensemble

Très jeune, Sandrine sait déjà une chose : la mise sous tutelle par un employeur n’est pas faite pour elle.

Plutôt que de fuir le salariat d’emblée, elle en fait une école. Elle choisit un parcours professionnel qui lui donne, étape après étape, une vision complète de ce qu’est piloter une entreprise :

→ comptabilité et gestion

→ ressources humaines

→ responsable, puis directrice administrative et financière

Vingt-cinq ans à occuper des fonctions de direction, de structuration et de pilotage. Et en parallèle, toujours, l’entrepreneuriat qui avance.


Trois sociétés, une même conviction

Sandrine n’est pas fondatrice d’une entreprise. Elle est fondatrice de trois.

KREIZEN, en France, dédiée à la guidance et à la transition du dirigeant

MotYasï, une startup qui permet de monétiser les trajets transportant des colis

KREIZEN GED, au Cameroun, spécialisée dans la gestion électronique de documents

Trois projets, deux pays, un même fil conducteur : tout ce qu’elle observe a tendance à se transformer en business.

« J’ai tendance à m’intéresser aux sujets hors normes et à trouver les financements. »


KREIZEN : intervenir là où décider devient lourd

C’est au terme de ces vingt-cinq années qu’elle pose un constat qui fonde KREIZEN.

Les dirigeants qu’elle côtoie ne manquent ni de compétences, ni de vision. Ce qui les bloque est ailleurs, plus intime, rarement nommé :

« Ce n’est pas la stratégie qui bloque, c’est la solitude face aux décisions qui engagent. »

Avec KREIZEN, Sandrine intervient précisément à ces moments-là :

→ remettre de la clarté quand tout se brouille

→ soutenir la posture du dirigeant

→ lui permettre d’assumer ses décisions sans s’épuiser

Une mission qui résume son moteur de toujours : accompagner l’humain vers sa prise de conscience, face à des situations qui paraissent difficiles.


Le défi d’être un « mouton à dix pattes »

Quand on l’interroge sur ses plus grandes réussites, Sandrine ne cite pas d’abord une entreprise. Elle cite sa famille.

« Une femme entrepreneure est un mouton à dix pattes. »

Derrière la formule, un défi quotidien bien réel : compartimenter les rôles, passer de l’un à l’autre sans que l’un dévore les autres. Elle le reconnaît avec lucidité — son côté entrepreneure déborde parfois dans la sphère personnelle, avec ses exigences d’entreprise.

Mais l’objectif reste le même, dans le travail comme à la maison : l’autonomisation de chacun.


Ce qu’elle a appris en chemin

De son parcours, Sandrine tire des leçons qu’elle transmet volontiers à celles et ceux qui veulent suivre une voie similaire :

→ croire fortement en soi et en ses capacités → se construire progressivement, tout en restant ouvert à la remise en question → ne jamais sous-estimer ce dont on est capable → prendre conseil auprès de ceux qui ont déjà réussi sur un produit proche

Une conviction la traverse :

« Chaque personne est capable de transformer sa vie et de devenir ce qu’elle souhaite. »


Une vision sans plafond

Aujourd’hui, c’est le lancement de MotYasï qui l’enthousiasme le plus. Et son ambition pour ce projet ne s’embarrasse d’aucune fausse modestie :

👉 viser le long terme 👉 devenir une licorne

Une vision à la hauteur d’une entrepreneure qui n’a jamais accepté qu’on définisse ses limites à sa place.


L’audace selon Sandrine

L’audace de Sandrine ne se joue pas dans un coup d’éclat. Elle se construit sur la durée, dans la capacité à voir, à oser et à structurer.

Son audace réside dans cette capacité à :

→ refuser très tôt un cadre qui ne lui convenait pas, sans renier ce qu’il pouvait lui apprendre → transformer chaque observation en opportunité → porter trois sociétés sur deux continents sans renoncer à l’essentiel

Son engagement dépasse d’ailleurs ses entreprises : disponible pour écouter et guider les autres, attachée aux associations culturelles liées au développement personnel, elle place toujours l’humain au centre.

Chez AUDACE, nous croyons à ces parcours qui font de l’expérience une boussole, et de la lucidité une forme de courage.

Sandrine incarne cette audace-là : celle de regarder le monde avec exigence, et d’en faire un terrain d’opportunités au service des autres.